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Mercredi 7 Décembre 2016

Publié le

Bonjour !

C'est aujourd'hui que sort au cinéma le film de Louis-Julien Petit avec une Isabelle Adjani bogdanovisée mais sérieusement déterminée à lutter contre la souffrance au travail. Le début du synopsis sur Allociné que voici : "Médecin du travail dans une entreprise aux techniques managériales écrasantes... " ne doit pas nous faire oublier toutes les entreprises qui n'ont même pas de techniques managériales et qui usent simplement d'un pouvoir grossier sur des employés dociles par obligation. Le burn-out pourrait ne pas exister si l'être humain en général faisait preuve d'humilité, d'écoute, de respect, de partage et de saine communication. Je ne vante pas le monde des bisounours ou un monde utopique mais nous passons la plupart de notre temps au travail, doit-on y aller chaque matin la peur au ventre ? chaque matin la peur d'y être humilié, rabaissé, ignoré ou moqué ? Diriger n'est pas forcément faire subir . Diriger c'est emmener, conduire, accompagner. C'est comme si vous preniez un bus avec votre équipe          ( quelque soit l'équipe) que vous rouliez à fond sur l'autoroute, vous avez un objectif clair, la réussite de votre entreprise, vous prenez des risques, mais à la fin , quand vous arrivez à destination: l'équipe est au complet. Il n'y a pas de mort sur le bord de la route . C'est schématisé mais c'est comme ça que je vois l'acte de management. Aujourd'hui la violence au travail existe, je l'ai vécu. Difficile d'en parler sans honte car la carapace de manager qu'on s'était fabriquée craque de toute part. La lutte est inégale alors on lâche prise et on ne se relève pas. C'est ça ! Un matin, on ne se lève pas . On fait le mort . On ferme les yeux et on pleure. Moi j'ai pleuré parce qu'on m'enlevait mon métier : libraire . Tellement fière d'avoir réussi à faire ce métier. Toutes les valeurs que j'aime sont dans ce métier . Puis j'ai pleuré parce que je me suis sentie inutile, remplaçable, ignorée, seule, remplacée. Le burn-out , c'est un lent incendie. J'aimerais pouvoir dialoguer avec les personnes qui sont responsables de ma chute, je sais qu'ils ne se sentent responsables de rien. J'aimerais pouvoir leur dire qu'ils se trompent, leur dire qu'on peut réussir en respectant l'Autre. Ecraser ne sert à rien, à part pour son égo. Et ça se saurait si l'égo augmentait le chiffre d'affaires... Je reviendrais plus forte de ce voyage en enfer, mais je ne changerais pas , je refuserais encore la toute puissance aveugle et injuste , je me battrais pour le respect de l'Autre. En finissant ce texte , je pense aux 150 salariés de Sauramps, mes collègues, qui attendent bien sagement de savoir qui va enfin diriger leur navire . Et l'espoir revient un peu...

 

A demain !

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